Des musiciens au service des églises (XVIIe et XVIIIe siècles)
Hommage à Sylvie Granger
Au cœur de cet ouvrage se trouve l’enquête sur les musiciens d’Église en France à l’époque moderne, Muséfrem, à laquelle, depuis son origine, le Centre de musique baroque de Versailles collabore. Cet ouvrage propose un panorama de la vie des musiciens d’église aux XVIIe et XVIIIe siècles au fil des 35 contributions réunies, éclairant de façon originale et inédites la vie musicale d’Ancien Régime.
Muséfrem est un projet de recherche à la croisée de l'histoire, de la sociologie et de la musicologie. Son corpus principal est constitué de la collecte de toutes les requêtes des musiciens d’église en France suite à la suppression des institutions ecclésiastiques, complété par des recherches documentaires dans les registres de délibération, dans la comptabilité des chapitres ou les états-civils. La reconstitution des carrières et de la vie de ces musiciens s’effectue dans une base de données, par recoupement des sources, et donne lieu à une étude globale des carrières au niveau départemental. Ces recherches ont conduit à la tenue de colloques, de journées d’études, et des publications qui ont émaillées ces quelques vingt années de recherche.
L’ouvrage rend hommage à Sylvie Granger, maîtresse de conférences à l’Université du Mans, décédée en 2022, et figure incontournable de Muséfrem. Il poursuit ses publications et contributions au projet, ainsi que des discussions qu’elle avait initiées. L’ensemble reflète la richesse de la matière et l’esprit scientifique et pluridisciplinaire de Muséfrem, variant la focale des points de vue, allant de l’histoire des champs religieux, sociaux, culturels ou institutionnels à la musicologie. À l’image de la pluralité des sujets auxquels Sylvie Granger s’intéressait, qu’elle a encouragés et inspirés. Parmi les publications du projet Muséfrem, c’est également la première à rendre compte de la richesse et de la vitalité des journées d’étude annuelles, dont sont issues nombre des articles présentés.
Les contributions s’articulent en cinq grandes parties. La première traite de la vie professionnelle des musiciens, leurs statuts, leur mobilité, les dynasties familiales. La deuxième se concentre sur les organistes, une profession singulière au sein des églises. Dans la troisième, les conditions d’exercice du métier sont abordées par le biais des institutions ou des conditions d’engagement et de vie des enfants des maîtrises. La quatrième s’intéresse à la matérialité de l’activité, comme la composition d’œuvres musicales et la circulation du répertoire, les instruments disponibles et les forces musicales à disposition ; La cinquième et dernière met en évidence les relations de ces musiciens avec la sphère profane, hors église.