Motets manuscrits
Né à Andelot, en Haute-Marne à la fin de l’année 1667, Michel Pignolet entre comme enfant de choeur à la cathédrale de Langres dès 9 ans, alors sous la direction de Nicolas Goupillet. C’est en 1687 que le compositeur s’installe à Paris et ajoute Montéclair à son patronyme. Il est probablement reçu comme maître de musique de Charles Henri de Lorraine, Prince de Vaudémont et Gouverneur du Milanais qu’il suivit en Italie. À 32 ans, Montéclair fut reçu basse de violon dans le « petit choeur » de l’orchestre à l’Académie royale de musique. Michel Corrette, dans sa méthode de contrebasse, le désigne comme le premier à jouer en 1701 cet instrument dans un orchestre. Également reconnu excellent pédagogue, il fit l’éducation musicale des filles du grand Couperin et est l’auteur de deux traités qui font autorité : une méthode pour violon et un traité de musique. Il meurt en 1737 dans sa maison sur l’île de la Cité à Paris, pensionnaire du roi.
De la génération des Campra, Desmarest ou Bernier, l’écriture de Montéclair se rattache pourtant à la génération suivante : soucieux de son écriture instrumentale, il eut notamment une influence indéniable sur l’orchestration de Rameau. Ses compositions connurent un beau succès : pièces instrumentales, airs, opéras-ballets, cantates, son opéra biblique, Jephté, fut très souvent repris au cours du 18e siècle.
Ses deux petits motets sont parmi les rares vestiges de sa production de musique sacrée.O sacrum convivium, motet pour le Saint-Sacrement en sol mineur, est destiné à un duo de femmes avec basse continue à l’orgue. Properate huc o populi est un motet de Noël en la majeur pour deux voix de femmes et une voix de basse accompagnées par deux violons et la basse continue. Il peut également être interprété par 3 voix de femmes, où la voix de basse sera chantée à l’octave supérieure par une voix d’alto.