De profundis
Le Centre de musique baroque de Versailles publie le grand motet De profundis de Jean-Baptiste Lully. Ce motet d’affliction est particulièrement célèbre pour avoir été joué, avec le Dies irae, lors des funérailles grandioses organisées pour la reine Marie-Thérèse. Un événement marquant de l’Ancien Régime et un sommet du théâtre de la mort auquel la musique de Lully a contribué.
À cette occasion, toutes les forces des différents corps de la Musique du roi sont mobilisées : les musiciens de la Chapelle et de la Chambre se joignent aux fameux Vingt-Quatre Violons du roi, frappant l’assistance par le faste et la pompe. Ce De profundis marque également une étape importante dans le développement du motet d’apparat, le fameux grand motet que Louis XIV instituera pour sa messe quotidienne à Versailles. C’est d’ailleurs à l’issue du prestigieux concours de recrutement des nouveaux sous-maîtres de la Chapelle royale, quelques mois avant les funérailles de la reine, que ce motet fut donné pour la première fois, comme une suggestion pressante pour les futurs lauréats.
Pour revivifier ce répertoire dans toute sa splendeur, il faudra réunir un petit chœur à 5 voix (2 dessus, Haute-contre, Taille et Basse), un grand chœur à 5 voix (Dessus, Haute-contre, Taille, Basse-taille et Basse) et un orchestre à 5 parties « à la française » avec violons (parfois divisés, flûtes et hautbois ad libitum), haute-contre, tailles et quintes de violons (ou 3 parties d’altos), basses de violon (ou violoncelles, avec bassons et basses de cromornes ad libitum), accompagné par la basse continue.
Thomas Leconte, dans sa préface, donne de précieuses indications d’interprétation, revenant tant sur les effectifs possibles que sur les particularités des sources qui permettent d’éclairer l’œuvre et la replacer dans un contexte plus général de recherche sonore, alors en pleine mutation à la cour de Versailles.